Faut-il vraiment choisir ? Je ne sais pas comment les autres conçoivent leur vie, mais en ce qui me concerne, cela fait un petit moment déjà que j'ai abandonné cette fameuse « quête du bonheur ». Depuis notre plus tendre enfance, tout notre environnement nous pousse à chercher ce bonheur absolu. Un conditionnement qui s'accompagne d'ailleurs souvent d'un schéma très précis et lourd d'injonctions pour les femmes : trouver le bon mari, être une épouse modèle, une mère parfaite. Pourtant, même si chacun est libre de définir le bonheur selon ses propres aspirations, je me suis rendu compte d'une chose : cette quête effrénée est presque toujours le terreau de la déception.
En observant le monde autour de moi, j’ai donc pris une décision radicale : j’ai choisi la paix.
En troquant le bonheur pour la paix, je ne suis plus dans l'attente passive ou dans la recherche permanente. Je suis dans l'action. Je fais ce qui me plaît, ce qui me nourrit. Et ironiquement, c'est en cultivant cette paix intérieure que je traverse, très souvent, de merveilleux moments de bonheur. La différence, c'est qu'ils ne sont plus une finalité ou une obsession. Et lorsqu'ils se présentent, je les apprécie encore plus intensément.
CHOISIR SES BATAILLES (OU L'ART DU "1 + 1 = 3")
Pour préserver cette paix, j’ai appris à connaître mes besoins et, surtout, à choisir mes batailles. Aujourd’hui, si quelqu’un s'obstine à me soutenir en face que 1 + 1 est égal à 3, je lui réponds simplement : « Oui, tu as raison. »
Discuter avec des esprits obtus ne m'intéresse absolument pas ; c’est une pure perte de temps et d'énergie. Comme je l'évoquais d'ailleurs dans mon précédent article sur la communication, tout est une question d'approche. Si une personne vient me voir en disant : « J’ai entendu dire que 1 + 1 pouvait être égal à 3, qu’en penses-tu ? », la porte est grande ouverte. Je suis toujours partante pour une discussion riche et constructive. En revanche, si la fermeture est totale, je passe mon chemin. Tout ce qui ne me rend pas heureuse ou qui m'impose de me forcer, je l'élimine. On peut appeler cela de l'égoïsme ; j'appelle ça de la survie. La liberté n'a pas de prix, et la paix non plus.
ET SI J'AVAIS, MOI AUSSI, ETE LA PERSONNE "TOXIQUE" DE QUELQU'UN ?
En poussant cette réflexion plus loin, j'ai fini par intégrer une vérité parfois inconfortable : dans l'histoire de certains, c'est moi qui ai le mauvais rôle. Il y a un texte que l'on voit souvent passer sur Internet et qui résonne profondément en moi : « Si quelqu'un vous parle de moi, ne cherchez pas à le contredire. S'il vous dit que j'étais une personne formidable, il a raison. S'il vous dit que j'ai été exécrable, il a tout aussi raison. Chacun a simplement eu la version de moi-même qu'il méritait. »
Pendant très longtemps, je me suis entêtée. J’ai cherché par tous les moyens à réparer, à ajuster, à améliorer des relations défectueuses. C’est peut-être mon seul véritable regret, si on peut appeler ça ainsi : avoir perdu mon temps à essayer de forcer des connexions qui n'étaient tout simplement pas possibles. Et à force de m'obstiner face à des personnes avec qui l'incompatibilité était totale, j'ai sans doute fini par devenir, moi aussi, leur source de toxicité, d'agacement ou de frustration.
Ce n'est pas une question de remords, c'est juste le cours de la vie. Aujourd'hui, je l'ai compris et je l'accepte. Et c’est précisément cela que j’appelle être en paix avec moi-même. La paix, ce n'est pas un concept abstrait ou un calme universel ; c'est être en parfait accord avec ses propres idées, ses avis, ses pensées et ses actes. Point. À partir du moment où j'assume pleinement tout ce que je dis, tout ce que je fais et ma façon de vivre, le regard ou le jugement de ceux qui n'ont pas su me comprendre n'a plus aucune prise sur moi.
LE TRIBUNAL PERMANENT : L'IMPORTANCE DE TRIER SON ENTOURAGE
Ce besoin de préserver ma paix est devenu d'autant plus vital que notre société souffre d'un mal contagieux : le jugement immédiat. Aujourd'hui, dès que l'on ouvre la bouche, notre interlocuteur n'attend même pas la fin de la phrase pour nous catégoriser, critiquer nos actes et préparer sa contre-attaque. Parce qu'ils se sentent constamment agressés, beaucoup de gens projettent leur propre défensive sur ce que vous dites. Bien sûr, je généralise et tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier. De mon côté, j'applique un principe simple : on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis. Alors, choisissez-les bien. Entourez-vous de personnes qui vous font du bien, qui vous tirent vers le haut.
Les éternels râleurs, ceux qui critiquent tout, pour qui rien ne va jamais, finissent par vous vampiriser. On peut éprouver de la compassion pour leur mal-être, mais à un moment donné, nous ne sommes pas là pour être les thérapeutes de la Terre entière, ni pour être les seules à injecter du positif et des encouragements dans une relation à sens unique. Évidemment, la vie n'est pas linéaire. Il m'arrive d'avoir des moments de creux, tout comme mes amis proches, et c'est tout à fait normal. Mais cela doit rester ponctuel. Face à quelqu’un de systématiquement toxique, englué dans la critique et persuadé de détenir la vérité absolue, ma réponse est désormais prête : « Tu as raison. » Si tu n'as pas envie d'évoluer, moi, je continue ma route sans toi.
L'ILLUSION DU DEBAT A L'ERE D'INTERNET
On rejette souvent la faute sur les réseaux sociaux, mais le vrai coupable, c'est l'usage que l'on fait d'Internet. Le web nous donne un accès inédit à l'information et une facilité d'expression déconcertante. C'est là que les choses se compliquent.
Le cerveau humain est naturellement paresseux. Quand on lui livre des informations prémâchées sur un plateau, sans qu'il n'ait le moindre effort de recherche à fournir, il prend tout au premier degré et réplique instantanément par un avis tranché, positif ou négatif. Tout le monde est persuadé d'avoir raison sans jamais prendre le temps de la réflexion. Quand je vois certains « débats » en ligne, je me rends compte que ce n'en sont jamais. Ce sont simplement des monologues de personnes qui se filment face caméra, répétant en boucle une idée fixe, souvent sans savoir s'exprimer correctement. Et si l'on n'a pas toutes les cartes en main, on se retrouve privé des autres facettes de l'histoire. Internet peut vite devenir une véritable poubelle relationnelle.
C'est pourquoi je fais le choix conscient de n'y traîner que là où je le souhaite, pour me nourrir d'informations qui me semblent pertinentes, et que je prends le temps de vérifier au moindre doute. C'est cet effort de remise en question qui me permet aujourd'hui d'assumer pleinement mes propos, mes actes et ma façon de penser. Je reste profondément ouverte à l'échange, à condition que l'ouverture soit mutuelle. Face aux esprits hermétiques, je sors mon joker pour préserver ma tranquillité : un grand « Oui, oui, tu as raison ». Et si je suis d'humeur un peu plus piquante, j'avoue qu'il m'arrive d'ajouter un petit : « Reste dans ton ignorance si ça te fait plaisir ! ». Bref, vous l'aurez compris : la paix est ma boussole. Et lorsque j'observe le tumulte du monde actuel, je me dis que c'est sans doute le plus beau cadeau que je puisse m'offrir.

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